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de Monchicourt à Monchecourt

de Monchicourt à Monchecourt


Monchecourt est un nom d’origine latine.

Court est dérivé du latin Curtis employé pour désigner un ensemble de bâtiments agricoles, une ferme, un domaine de seigneur. Monchecourt signifierait donc à l’origine, la ferme, le domaine, la propriété de Malci, de Mauci, de Manchi ou de Mauchi. Dans l’évolution de la langue et à cette époque, il était fréquent que le l se transforme en u (Malci en Mauci), puis le u en n (Mauci en Manci). L’orthographe était alors fort rudimentaire et l’écriture entraînait de nombreuses confusions entre les lettres (a et o par exemple, u et n, m et n).C’est vers les 12ème et 13ème siècles que les noms de famille vont apparaître. Dans des chroniques de l’époque, on cite les noms de Gerardum de Malcicort, Johannès de Maucicort. On trouve dans des titres des abbayes d’Anchin, de Marchiennes et de Vicogne les noms de Manchicourt, Mauchicourt et Monchecourt d’après des sceaux du 13ème et 14ème siècle.

Résumé de l’étude d’Arthur Merlin sur la ville et le nom de Monchecourt

Chaque village eut ses seigneurs et la ville de Monchecourt eut les siens dont certains partirent pour les croisades. ils furent Français puis Bourguignons, Autrichiens, Espagnols… Ils eurent pour souverains Charles Quint, Philippe II…

La reddition (action de se rendre) de François 1er fut reçue par Charles de Lannoy, oncle du seigneur de Monchecourt de l’époque… Mais ce n’est qu’après 1600 que la ville de Monchecourt semble avoir acquis son identité définitive.

L’histoire étant basée sur les documents, l’histoire de Monchecourt commence avec les premiers seigneurs connus, les sieurs de Mancicurt. Le premier seigneur est Helgote, seigneur de Mancicurt, mentionné avec sa femme Odette dans les archives de Marchiennes en 1048 et en 1062 dans une charte de l’évêque Liebert d’Arras. Il eut pour descendants Helgote, qui devint d’après les textes Seigneur de Mancicourt, Jean, Watier et Hérimbert. Une lettre de 1103 cite Jean de Malcicurt et son frère Watier.

Jean, qui épousa Argotte, succéda à son frère ; il eut pour fils Jean, Helgote, Guillaume et Pierrart. Guillaume, désigné dans les textes sire de Monchicurt est mentionné dans une charte de l’abbaye d’Anchin, de 1142, avec sa femme Usile de Coupignies. Son successeur fut Robert, époux d’Adélie de Béthune. De ce mariage naquit Robert, seigneur de Mancicourt, qui fut le père de Gérard qui partit pour la quatrième croisade, mourut en terre sainte où, d’après Jacques de Guise, il a été l’un des plus vaillants et puissants chevaliers qui vivaient en 1181. Il laissa sa femme Ermentrude de Richebourg, 3 filles et 3 fils dont Eustache, Seigneur de Mancicourt cité en 1224 et en 1245 dans une donation faite à l’abbaye d’Anchin.

On trouve trace de Guillaume, Seigneur de Mancicourt, Hugues, Simon et Raoul de Mancicourt, gouverneur d’Arleux en 1328. Le dernier nom connu est Eustache de Mancicourt. La filiation directe est interrompue et vers 1325, les biens et la terre de Mancicourt entre dans la famille d’Ocoche, petite localité de la Somme près de Doullens.

La famille d’Ocoche portera le nom de Monchicourt et en adoptera les armes qui sont d’argent à la face de gueules accompagnées de 3 coqs de sable. Vers 1520, Porrus d’Ocoche, seigneur de Manchicourt se mariera à Marguerite de Villers et sera le premier à porter le nom de Monchicourt.

Monchicour devient Monchecourt

La ville de Monchecourt, dans le département du Nord, s’appelait Monchicourt au XVIe et au XVIIIe siècle. L’attestent :

Une gravure du duc Charles de Croy (né en 1560), trouvée sur le site du Douaisis montre le village de Monchecourt avec un cartouche indiquant « Monchicourt ». Voici le lien direct vers la gravure et le texte correspondant sur le site du Douaisis.

– Les cartes de Cassini , qui sont la référence des noms de communes françaises au XVIIIe siècle, Monchecourt portait alors le nom de Monchicourt.

– Une carte militaire de 1712 montre la ville de Monchecourt sous le nom de Monchicour (sans « t »). On peut d’ailleurs voir sur cette carte détaillée que de nombreuses villes ont changé de nom depuis.

Monchecourt à travers l’histoire :

Chapelle seigneuriale (IXe siècle)

Au IXème siècle, il est fait mention d’une chapelle seigneuriale sur les communes de Fressain : la chapelle des Seigneurs de Villers et de Monchecourt.

Pour en savoir plus : le site des Résurgences Senséennes

Incendie de Monchecourt (1200)

Dès 1200, les Anglais venant d’Arleux et de Bugnicourt pillent et incendient Monchecourt, dont les habitants ont eu à peine le temps de s’enfuir, et, selon la légende, ont eu les talons brûlés. C’est pourquoi on les appelle encore aujourd’hui les « noirs talons ».

Pour en savoir plus : le site des Résurgences Senséennes

La bataille de Denain (24 juillet 1712)

La gravure qui montre que la ville de Monchecourt s’appelait Monchicour (sans « t) en 1712, est une carte militaire de la bataille de Denain.

Cette bataille fut un épisode décisif de la Guerre de Succession d’Espagne. Le royaume d’Espagne était convoité par Philippe V d’Espagne, petit fils du roi de France Louis XIV, et l’empereur Charles VI du Saint-Empire. Comme indiqué sur le cartouche de la gravure, la bataille opposa l’armée française sous le commandement du Maréchal de Villars (Claude Louis Hector de Villars) et l’armée impériale autrichienne sous le commandement du Prince Eugène (Eugène-François de Savoie-Carignan), célèbre général français, avec ses alliés hollando-anglo saxons sous le commandement du Comte d’Albemarle (Arnold Joost van Keppel).

Quelques liens pour en savoir plus : la Guerre de succession d’Espagne sur l’encyclopédie Wikipedia

Les Seigneurs de Monchecourt au XVIIIe siècle

Héritier de Marie Guislaine de SAINTE-ALGONDE, sa cousine, Florent de MAILLY MAMETZ est Seigneur de Villers jusqu’au 30 juin 1720, date à laquelle il la vend à Claude LEBLANC, grand-père du Marquis de TRAINEL. Il achète en même temps mes seigneuries de Iwuy, Hordain, Fressain, Monchecourt et Bugnicourt. Le nouveau seigneur sera l’un des plus influents de la première période du r`gne de Louis XV, même si une intrigue fin 1722 le fera emprisonner à La Bastille jusqu’en 1726. Depuis 1718 il était secrétaire d’état du Département de la Guerre (équivalent du Ministre de la Guerre de nos jours). En 1721, Claude LEBLANC lui achète également les seigneuries d’Aniche et d’Auberchicourt.

Le Marquis de TRAINEL (1723-1794), de son vrai nom Claude Constant Esprit Juvénal d’HARVILLE des URSINS, nommé mousquetaire le 23 décembre 1738, promu capitaine de cavalerie au régiment du Dauphin le 11 juin 1740, prend possession de ses terres à la mort de sa mè le 14 avril 1746. Le 25 juin 1746, le Marquis de TRAINEL est cité sous la qualité de Seigneur d’Iwuy, Villers, Bugnicourt, Monchecourt, Fressain et Hordain. Il s’installera au Château de Villers en 1760.

Les compagnies minières

L’exploitation minière a beaucoup modifié l’allure du village. Le 15 septembre 1773, il est donné permission à Monsieur le Marquis de TRAINEL et à son « Association des Fosses de Villers-au-Tertre » d’exploiter provisoirement pendant 1 an les mines de charbon qu’il a découvert dans ses terres de Villers, Bugnicourt, Monchecourt et Fressain. Par arrêté du Conseil d’Etat du 10 mars 1774, une première concession de 30 ans est accordée à la Compagnie du Marquis de TRAINEL à partir du 1er janvier 1775.

Il fonde ensuite la « Société des Mines d’Aniche » en 1778.

Après plusieurs sondages et fonçages infructueux, le charbon est enfin découvert le 12 septembre 1778 à la Fosse Sainte Catherine à la profondeur de 70 toises.

La Compagnie des Mines d’Azincourt, qui réunit en 1840 les Comapgnies d’Azincourt, Etroeungt, Hordain et Carette & Minguet, soit 8 km² et 70 hectares, ouvre 3 fosses à Aniche avant de s’installer à Monchecourt.

La Fosse Saint Roch ou n° ;1 ouverte en 1858, le lavoir et la Cokerie à Monchecourt, 1 magasin de l’ancienne cokerie et visible, les lavabos de la fosse et le château d’eau de la fosse sont également visibles. Une partie d’un terril est encore visible. L’ensemble est aménagé en parc,

- La Fosse n° ;2 à Erchin, ouverte en 1888 pour servir d’aérage et pour la remonte des terres de la Fosse Saint Roch,

- La Fosse n° ;3 à Monchecourt, ouverte en 1908 sur le carreau de la Fosse Saint Roch, au sud du puits existant.

Ces 3 puits sont définitivement abandonnés en 1936.

Quelques liens pour en savoir plus :
Les Compagnies des Mines d’Aniche et d’Azincourt sur le site de l’Association pour la Protection du Patrimoine Historique et industriel Minier dans le Nord Pas de Calais
– La Compagnie des Mines d’Azincourt sur l’encyclopédie Wikipedia
– La Compagnie des Mines d’Aniche sur l’encyclopédie Wikipedia
– La génèse de la Compagnie des Mines d’Aniche sur le site du Diocèse de Cambrai

 

La première guerre mondiale

L’église du village, déjà présente sur la gravure du XVIème siècle était un centre important du village ; elle était constituée d’un long vaisseau assez élancé qu’éclairent de hautes lancettes et d’un choeur qui devait se terminer, semble-t-il, par une abside polygonale ; au moins du côté sud se greffait une chapelle jouant le rôle d’un bras de transept ; au centre de l’édifice se dressait une tour octogonale coiffée d’une flèche de même plan. Cette église n’existe plus. Le sanctuaire qui était celui de Monchecourt au début de ce siècle a été détruit au cours de la Grande Guerre ; il n’en subsiste que les marches de sa façade occidentale qui donnent aujourd’hui accès à un court de tennis.

La bataille de Dunkerque (mai 1940)

Après avoir traversé la Belgique, l’armée allemande s’enfonce dans le Nord de la France. Les armées alliées se retirent en combattant sur Dunkerque. Se repliant sur ordre, des régiments de regroupent à Monchecourt, les 19 et 20 mai 1940. Les allemands continueront leur progression inexorable.
Si vous voulez en savoir plus, 2 sites mentionnent cet épisode :